Entre 1937 et la fin de la Seconde Guerre mondiale, Victorinox ne modifie pas radicalement le design du couteau d'officier.
Au lieu de cela, l'entreprise met discrètement en place les éléments qui définiront le couteau suisse moderne.
Durant ces années, le couteau acquiert son identité visuelle emblématique tandis que Victorinox renforce ses fondements industriels malgré les contraintes de l'Europe en temps de guerre.

Modèle 234 1937-1946
Cette période marque la naissance du petit couteau suisse rouge — l'objet qui deviendra plus tard célèbre dans le monde entier.
1937 · L'arrivée de Cellidor
En 1937 , Victorinox introduit un changement majeur de matériau : les plaquettes traditionnelles en fibre sont remplacées par du Cellidor rouge sur la gamme de couteaux d'officier.
Ce nouveau matériau offre plusieurs avantages :
- couleur plus vive et plus durable
- résistance améliorée à l'humidité
- une surface lisse et stable adaptée à la production industrielle
L'introduction du Cellidor donne au couteau l'apparence qui deviendra plus tard mondialement reconnaissable : un petit couteau de poche rouge portant l'écusson suisse .

Modèle 234k 1937-1946
Les incrustations métalliques existaient déjà sur d'anciens couteaux à manche en bois , mais les nouvelles plaquettes en Cellidor facilitent et uniformisent considérablement leur intégration. Ce changement permet à Victorinox de produire des incrustations décoratives à l'échelle industrielle , ouvrant ainsi la voie aux couteaux d'entreprise, institutionnels et commémoratifs.


Catalogue du début des années 1940 destiné aux entreprises et à la publicité
👉 Incrustations métalliques non standard Victorinox
Avec Cellidor , l'identité visuelle moderne du couteau suisse voit le jour.
Stabilité en temps de guerre et expansion industrielle

Catalogue de 1942
Durant la Seconde Guerre mondiale, la Suisse reste neutre mais mobilisée, et son industrie fonctionne sous d'importantes contraintes.
Les pénuries de matériaux et les restrictions économiques favorisent la stabilité plutôt que l'innovation. Victorinox conserve donc l'architecture éprouvée du couteau Officer, s'appuyant sur une configuration qui a déjà fait ses preuves :
- grande lame
- petite lame
- couche d'ouverture
- tire-bouchon
- alène / alésoir
Et les options habituelles
- scie à bois
- Ciseaux

Les écailles en matériaux haut de gamme comme la corne de buffle restent bien représentées aux côtés de la nouvelle Cellidor rouge

Couteaux d'officier
Plutôt que de repenser le couteau, Victorinox se concentre sur le maintien de la continuité de la production tout en perfectionnant ses processus de fabrication.
Parallèlement, l'entreprise continue de renforcer son infrastructure industrielle. En 1943 , Victorinox agrandit ses installations à Ibach , augmentant sa capacité de production et modernisant ses opérations de fabrication.
Cet investissement témoigne de la vision à long terme de Carl Elsener. Même en période d'incertitude liée à la guerre, Victorinox se prépare à la croissance qui suivra le conflit.
1942 · La première lime à ongles longue
Une innovation notable apparaît pendant les années de guerre avec l’introduction de la lime à ongles longue (LNF) .
En 1942 , cet outil apparaît sur le modèle 207k , l'un des premiers exemples de couteau d'officier intégrant une longue lime à ongles.

Cette configuration peut être considérée comme l'ancêtre de ce que les collectionneurs appellent plus tard le Golfer LNF .
Bien que d'apparence modeste, la longue lime à ongles marque une évolution importante : le couteau d'officier commence à intégrer des outils adaptés aux usages civils et urbains , et non plus seulement aux tâches pratiques en extérieur.
Ce changement subtil préfigure la diversification du catalogue qui interviendra après la guerre.
Une plateforme prête pour l'après-guerre
À la fin de la Seconde Guerre mondiale, plusieurs éléments constitutifs du couteau suisse moderne étaient déjà en place :
- les écailles rouges de Cellidor
- le bouclier suisse reconnaissable
- l' architecture du couteau d'officier mature
- l'apparition des premiers outils destinés à un usage civil, comme la lime à ongles longue
Au cours des dernières années du conflit et dans l'immédiat après-guerre, alors que les troupes alliées progressent à travers l'Europe, de nombreux soldats américains découvrent et achètent le petit couteau suisse rouge comme souvenir . Son format compact, ses outils pratiques et son aspect distinctif en font à la fois un outil de poche utile et un symbole mémorable de la Suisse.

Ces couteaux retournent aux États-Unis dans les poches et les sacs de sport des soldats, faisant ainsi discrètement connaître le couteau suisse à un public beaucoup plus large.
La plateforme est désormais visuellement distinctive, mécaniquement stable et prête à évoluer.
Dans les années qui suivirent immédiatement la guerre, Victorinox introduisit des ajustements structurels et de nouvelles combinaisons d'outils qui préparèrent l'expansion rapide des années 1950.
Cet article fait partie des Archives SAKnife, un projet de recherche mené par des collectionneurs qui documente l'évolution historique des couteaux suisses Victorinox. Les informations proviennent de catalogues historiques, de bases de données de collectionneurs et de l'évolution documentée des outils.
Période suivante :
👉📜 Victorinox 1946–1951 · Identité d'après-guerre et raffinement structurel
Identifiez chaque configuration Victorinox 91 mm à l'aide de l'arbre d'identification structurelle :
👉 🔎 Arbre d'identification Victorinox 91 mm – Identifiez votre couteau suisse par Toolset
Identifiez la période de production de votre couteau suisse grâce à l'outil visuel interactif basé sur les marquages de la soie et l'évolution de l'outil :
👉 ⌛ Guide des périodes de production des couteaux suisses – Évolution interactive des outils Victorinox
Explorez l'évolution des couteaux suisses Victorinox 91 mm et découvrez les fiches techniques associées dans la chronologie historique :
👉 📘 Histoire du couteau suisse et évolution du modèle 91 mm